ITW Nick Gardel

Musique Waves 07/04/2014
Pour une fois, Music Waves a été à la rencontre d'un personnage qui n'est pas en relation directe avec la musique, quoi que ... Nick Gardel, de son vrai Nicolas Juan, exerce son art dans la littérature, style polar.
Si MW s'est intéressé à cet auteur c'est que, outre une écriture agréable et des intrigues bien ficelées, Nick aime le rock progressif auquel il fait de fréquents clins d'œil dans ses romans. Il aime tant ce genre musical qu'il a écrit un bouquin, « Nevermore », où il est omniprésent, dans la trame de l'histoire et sous forme de citations en tête de chaque chapitre.   

Bonjour Nick, ton pseudo (Nick Gardel) est-il déjà un clin d'œil à ma musique ?

Pas vraiment, c’est une longue histoire qui mêle un changement d’écriture et un personnage de jeu de rôle de mon adolescence.


Après avoir lu certains de tes romans, un nom m'est venu à l'esprit : Fred Vargas ! Il y a dans ta façon d'amener des personnages atypiques une similitude avec cette auteure. Le prends-tu comme un compliment ?

Plus qu’un compliment ! J’adore Vargas.  Son écriture est exactement celle à laquelle je voudrais parfois arriver. Les enquêtes en toile de fond et l’accent sur des personnages forts.


Lorsque sur ton site tu as annoncé l'avancement du livre qui est au centre de cette interview, il s'appelait Never mort (je trouve sympathique ce jeu de mots bilingue), pourquoi ne pas avoir gardé ce titre ?

C’est vrai. Mais quelques jours avant de clore le roman, une amie avait lancé une recherche sur « Never Mort » et il s’avère que le titre existe déjà ! Comme j’étais déjà à moitié content du jeu de mot, je suis revenu à mon idée première. D’autant plus qu’une mésaventure dans la couverture m’avait fait recentrer celle-ci sur le corbeau (et donc Alan Parsons Project).



Le personnage central de Nevermore s'appelle Peter Raven, encore une allusion progressive ?

A 100% ! En fait le titre est venu après le personnage. Celui-ci s’appelle Raven pour la référence à APP. De plus, je sortais de l’écriture d’un épisode du Poulpe dont le héros s’appelle Gabriel Lecouvreur. Je ne savais pas si mon manuscrit allait être accepté par l’éditeur du Poulpe. Alors je me suis inventé Raven pour réécrire l’histoire avec un personnage personnel, au cas où. Le livre a été accepté et j’ai gardé Raven. Pourquoi Peter ? Parce qu’il venait remplacer Gabriel…


Dans d'autres de tes livres, on rencontre des personnages s'appelant : Michel Vieuchamps, Edgar Sueño- Naranja, Nicholas Oldmayor, Michel Huygens ou Alain Pasteur, sans citer les vrais noms, que peux-tu me dire de ces musiciens ? (j'invite les lecteurs à essayer de trouver les vrais noms. La solution se trouve à la fin de cette interview) 

Ce sont mes amours d’adolescence. J’ai eu une période très électronique et ceux-là en sont vraiment les papes absolus. J’écoute encore leurs albums même si j’ai été déçu par leurs productions actuelles.


Dans le prologue de Nevermore, une vielle dame traverse un cimetière un dimanche soir, elle passe devant le caveau de la famille Jacotey et, entendant les bruits alentour, elle se dit : "Le bois travaille même le dimanche..". Ange serait-il une de tes références ? 

Ange est forcément incontournable. Même si je ne suis pas un fan complet de toute leur discographie. Au-delà du Délire bien sûr et la première face d’Emile Jacotey sont des disques de référence pour moi. J’ai eu l’occasion de rencontrer Christian Decamps qui mériterait à lui seul de devenir un personnage de roman !


Comment as-tu choisi les citations qui introduisent chaque chapitre ?

C’est un travail colossal ! En fait, je recherche un passage de chanson qui aurait un rapport avec le chapitre qu’il introduit. Dans le prologue où cette dame marche dans un cimetière, la citation est celle de « Forgotten  sons » : and so as I patrol in the valley of the shadow… Et puis le personnage écoute du progressif, ça aide aussi. Parfois même le nom  des personnages est choisi pour introduire une référence. C’est le cas de Gladys, pour « Jadis, avec Pierre et Gladys… ». Ange encore ! 


Pour le chapitre 13, tu as choisi le groupe Ripaille qui n'est pas un groupe très connu, pourquoi ?

Je voulais justement  ne pas sombrer systématiquement dans l’évidence.  Il fallait des groupes actuels et anciens, français et anglo-saxons. Et puis ce titre de Ripaille était tellement dans le ton ! C’est un album que j’ai découvert par hasard dans une médiathèque il y a plus de 25 ans ! Il a d’ailleurs été réédité par MUSEA quand j’y étais bénévole. J’aime beaucoup cet album.


L'histoire se situe en Touraine, est-ce une région que tu connais particulièrement ? 

J’y ai des souvenirs flous donc intéressant pour bâtir une toile de fond pour mon histoire. Mon arrière-grand-mère vivait dans la maison du roman…


Dans un troquet, Peter Raven tombe sur un flipper vintage, le Terminator II, est-ce une nostalgie autobiographique ?

Complètement ! T2 a accompagné mes années fac, j’adorais ce flipper et j’y ai passé des longues heures.


Pourquoi as-tu choisi un groupe de reprise de Genesis pour la séquence du concert ? Pourquoi pas un autre ? Pink Floyd par exemple ? 

Je n’imaginais pas un autre groupe pour une performance live semi-amateur !  J’aurais été largement plus moqueur avec un groupe reprenant Pink Floyd. Dans les groupes qui existent et qui font des reprises de Floyd soit le son n’y est pas et c’est mauvais, soit c’est une copie de l’original avec peu d’intérêt. Genesis laisse plus de latitude pour se réapproprier les chansons. Et puis, visuellement, cette intro avec Dancing with the Moonlight Knight dans le noir est exactement l’atmosphère que je voulais donner. Genesis a une place à part dans mon cœur. Le groupe est bizarrement peu cité dans ce roman. Ce n’est que partie remise…


Nevermore a déjà été réédité, s'est-il aussi bien vendu que ça ?

A mon niveau, oui. C’est une vraie réussite. Je suis juste un peu déçu par le fait de n’avoir pas réussi à toucher plus profondément le public progressif. C’est peut-être un public qui lit peu, ou pas des polars. J’ai eu de très bons retours sur Nevermore, mais je m’attendais à plus de ventes via les chroniques que j’ai eues dans différents fanzines prog. Peut-être que Music Waves va remédier à ça !


Je crois savoir qu'un nouveau roman ayant Peter Raven comme personnage central est en cours d'écriture, prévois-tu de récidiver dans des clins d'œil et citations ? 

Je ne sais pas écrire autrement ! La prochaine aventure de Peter Raven se passe dans le milieu de la musique (pas uniquement progressive), elle sera bourrée de clin d’œil. Son titre à l’heure actuelle est Musical Box. Je ne sais pas encore s’il y aura des citations à chaque chapitre, je ne veux pas que cela fasse artificiel, mais si un morceau résonne avec un paragraphe, il sera cité. Pour l’instant, il y a déjà bon nombre de références, directement dans le texte.


Es-tu aujourd'hui encore amateur de rock progressif, si oui, quels sont les groupes que tu apprécies ?

J’ai eu un trou dans ma vie progressive. Un moment où découvrir toujours plus d’albums n’est plus devenu aussi essentiel. Je m’y suis remis, mais je ne suis pas sûr que ce que j’aime serait encore qualifié de progressif. J’aime des groupes comme RPWL ou Transatlantic (plus le Whirlwind que Kaleidoscope) et le Frequency d’IQ . Knight Area, Mindfield, Parzivals Eye. Et je reste un grand fan d’ASIA et des participations de Wetton. L’album que j’écoute le plus est le Genesis Revisited II de Hackett. Mais attention, je reste un fan de progressif avec ses contradictions : j’achète systématiquement les albums de Marillion et je ne les écoute jamais !


Que penses-tu de la scène progressive ? Selon toi, est-elle mourante, morte depuis longtemps ou en pleine renaissance ?

Surement pas mourante ni morte. Je ne sais pas si on peut parler de renaissance car je ne sais pas si les groupes prog vendent correctement leur disque. Quelles sont les ventes d’un RPWL ? En tout cas, moi qui ne suis plus dans le milieu du prog, je vois passer bon nombre de nouveaux groupes.  J’en écoute beaucoup mais peu sédimentent sur mes étagères ou dans mon disque dur.


Quelle question aurais-tu aimé que je te pose ?

Je suis surpris que tu n’ais rien demandé sur la couverture. J’en étais pourtant très fier ! D’autant plus que quelques perles du progressif y trônent.



Tu as raison, je n'ai pas parlé de la couverture où l'on aperçoit 6 albums vynil entassés et néanmoins reconnaissables par les vrais amateurs de prog, et j'aurais du citer la quatrième de couverture où l'on devine un poster de la légendaire long box "Genesis Archive 1967-75". Mais je n'ai pas vraiment de question à ce sujet, maintenant qu'on connait mieux ton penchant pour le prog …. Alors, je vais conclure avec une dernière question très classique : as-tu un message à envoyer aux lecteurs de Music Waves ?

A part « achetez mon livre » tu veux dire ? Alors achetez-le et venez en discuter sur mon site.

Interview effectuée par mail début avril. Merci à Pete_T pour sa contribution.

Solution pour les noms des personnages : Mike Oldfield (facile !), Edgar (Froese) Tangerine Dream, Klaus Schulze, Michel Huygen (Neuronium) et Alan Parson.

 

Article d'origine : http://www.musicwaves.fr/frmArticle.aspx?ID=896&REF=Nick-Gardel-07-avril-14

 

Interview sur Neoprog.eu réalisée le 21/12/2014

 

Nick Gardel, écrivain colmarien, vient de sortir, Musical Box, un roman noir qui nous plonge non sans humour dans le monde de la musique et qui fait référence sans cesse au rock progressif.

Neoprog : Bonjour Nick, merci de nous accorder cette interview.

Nick : De rien, c'est toujours un plaisir.


Neoprog : Ton dernier roman, Musical Box, n’est pas ton premier essai, loin de là, vis-tu de cette activité ou bien est-ce une passion dévorante ?

Nick : J'ai toujours un peu de mal avec le mot passion que je trouve très galvaudé. Je ne vis pas de l'écriture, elle fait partie totalement de ma vie, simplement. Je suis toujours en train d'écrire ou de corriger un écrit, c'est en continu.

Neoprog : L’écriture de Musical Box, cela représente combien de temps, et la promotion et tout ce qui va avec, salons, interviews, etc, qu’est-ce qui est le plus long ?

Nick : Habituellement, je mets un an à écrire et corriger une histoire. Mais Musical Box a pris un peu plus de temps. En fait, le temps de création a été doublé cette fois. D'une part parce que j'ai écrit entre-temps un autre roman, plus rapide et plus nerveux et, d'autre part, parce que j'avais une véritable exigence pour ce roman-ci. C'est en fait deux romans en un seul.

Neoprog : Sans tout révéler, Musical Box est un polar, qui parle du monde de la musique, qui fait de nombreuses références au rock progressif. Comment te situes-tu par rapport à ce monde, musicien, amateur, curieux ?

Nick : Le rock progressif est ma première musique "de maturité". Cette musique que l'on choisit, au delà des influences parentales. Les premiers disques que j'ai achetés étaient déjà du progressif (L'Apocalypse des animaux de Vangelis et The Wall de Pink Floyd). J'ai eu une période de ma vie d'achat quasi compulsif de CD et je restais à 80% dans le style. J'ai aussi travaillé comme bénévole chez MUSEA. En clair, amateur et curieux sont deux adjectifs qui me vont bien. Mais les "passions" perdent parfois du terrain et je ne suis plus aussi monomaniaque.

Neoprog : Tu égratignes quelque peu le monde du rock, du musicien au producteur en passant par les fans. Tu avais des comptes à régler avec le milieu ou tu voulais juste amuser la galerie ?

Nick : Amuser et mettre en lumière. Le producteur de mon roman est un reflet de Jonathan King (dont il garde le nom) qui était le premier producteur de Genesis et qui a voulu tirer le maximum de ce groupe pépite en se fourvoyant complètement. Pour ce qui est des fans, j'ai pris de l'âge et il faut bien se rendre compte qu'un fan a avant tout un comportement adolescent. Je l'ai été et le suis encore parfois. J'ai un long paragraphe assez critique sur les fans pour expliquer ma vision. C'est à la fois très dur car certains fans sont très irritants dans leur comportement mais plein d'une certaine tendresse. On en revient à ta première question, le fan galvaude souvent le sens du mot passion et se perd dans les détails ou les raccourcis. Cela fait des personnages intéressants. Il n'y a qu'à voir les chapelles qui se créent autour de l'évolution d'un groupe. Comment réconcilier un fan du Genesis-Gabriel avec un Collins-addict ? Comment les Fishophiles et les Hoggartiens peuvent-ils dialoguer ? etc...


Neoprog : Ton roman fourmille de portraits assez croustillants, les deux flics qui font un peu Dupond et Dupont en plus malins, la veuve pas si éplorée, un SDF amateur de station de métro désaffectée, un batteur sympa et d’autres, d’où viennent ces personnages ? De ton imaginaire, de rencontres, un peu des deux, parce que si c’est de rencontres, il ne faut pas que l’on se croise (rires) ?

Nick : C'est très bateau à dire, mais chaque personnage a sa vie propre. Mes policiers sont en couple pour la bonne et simple raison qu'ils peuvent alors dialoguer entre eux (j'ai particulièrement soigné les dialogues de ces deux-là), Ils me permettaient aussi de glisser un tiroir dans la narration que les fans de Yes seraient à même d'ouvrir. Esteban, mon SDF, était un personnage secondaire à l'origine, mais il était tellement attachant qu'il est devenu le fil rouge de cette aventure. Ça tient à peu de chose parfois...

Neoprog : Qu’est-ce qui t’a conduit à ce roman, et à intégrer à chaque chapitre des paroles tirées du rock progressif ? Ce n’est pas le répertoire musical le plus répandu dans la population, tu n’avais pas peur de t'aliéner tout un lectorat potentiel en faisant ce choix ?

Nick : Musical box est la deuxième aventure de Peter Raven. La première, Nevermore, était presque dénuée de musique dans l'intrigue, mais je tenais à introduire chaque chapitre par une citation en rapport avec ce qui allait se passer. Pour Musical box, j'ai gardé ce tic, même si les citations sont plus axées sur le groupe lui-même que sur le propos de l'extrait cité. Dans le roman je ne voulais exclure personne. Ça reste un polar de facture assez classique au final. Seulement, j'ai écrit un second roman en arrière-plan pour les fans de progressif. Beaucoup de mes lecteurs ne connaissent pas cette musique, ils ne seront pas perdus et suivront juste les péripéties. Les autres passeront leur lecture à déverrouiller des tiroirs. SI on prend l'exemple du producteur, Jonathan Leroy, qui s'énerve et devient cramoisi. Un lecteur lambda passe sur cela comme si de rien n'était. Un fan de prog va trouver le parallèle avec Leroy cramoisi ou Le roi cramoisi ou King Crimson... Groupe qui est cité dans l'incipit du chapitre justement... Il en va de même tout au long du roman.


Neoprog : Prochain projet, une anthologie du rock progressif (rires) ? Non sérieusement, as-tu déjà un nouveau livre en route ?

Nick : Je l'ai dit, je suis toujours en train d'écrire. J'ai commencé le prochain roman, mais il m'est encore impossible d'en parler. Il sera sans doute dans le ton de "Fourbi Etourdi", le livre un peu barré que j'avais écrit entre Nevermore et Musical Box.

Neoprog : Te croiserons-nous à des concerts dans la région, à des festivals ? Quel est ton planning 2015 ? Et pour finir un album préféré en 2014 ?

Nick : Je n'ai pas de planning de concert pour l'instant, si ce n'est aller faire un tour à Prog en Beauce pour la prochaine édition. Pour ce qui est de l'année 2014, je dois dire que j'écoute beaucoup "Second Nature" de Flying Colors. J'avais peu apprécié le premier album, mais celui-ci me ravit.

Neoprog : Oui effectivement, Second Nature est une belle progression musicale pour ce super groupe, j'adore également.
Merci pour ton temps et tes réponses, Nick, nous rappelons que ton livre, Musical Box peut être commandé ici : http://nickgardel.e-monsite.com/boutique/
 
Lien d'origine : http://neoprog.eu/interview/2014-12-21/nick_gardel

 

Interview Amarok Mag

 

Trop long pour le retranscrire ici mais, on le trouve là : http://www.amarok-mag.com/nick-gardel-le-prog-a-la-marge/

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