Articles Musical Box

une interview réalisée par Guy Thomann pour les pastilles info de Nostalgie
 
 
Un nouveau roman avec de la musique. Seulement de la musique ?

 

 

Nevermore parlait déjà du rock progressif. Pourtant ce n'est pas le plus actuel des styles musicaux.
C'est une vraie volonté ?

 

 

En lisant votre livre, on entend parler d'un album d'Alan Parsons Project. L'anecdocte est-elle vraie ?

 

Justement, le groupe que vous utilisez paraît plus vrai que nature. C'est une création je crois. Il y a un véritable de groupe caché derrière ?

 

 

Chronique Chromatique.net

 

 

Musical Box
 
 
01 Décembre 2014

 

par Jean-Philippe Haas
 
Une fois n'est pas coutume, Chromatique s'improvise critique littéraire. Il faut dire que Musical Box a tout pour attirer l'attention de votre webzine favori : un titre hautement symbolique, quelques trente-trois tours éloquents négligemment posés dans un coin de la première de couv' et une intrigue dont le fil rouge n'est rien d'autre que le rock progressif. De quoi faire un bon polar ? 

Nick Gardel aime le classic prog', cela ne fait pas l'ombre d'un doute. En tête de chaque chapitre, il cite Genesis, Yes, King Crimson ou Ange mais aussi RPWL et Eloy, ce qui laisse supposer une culture non négligeable en matière pomp rock. Les personnages sont à la hauteur de ses goûts musicaux : typés, excessifs, plus improbables les uns que les autres. Et dotés chacun d'un sens de la répartie impitoyable, qui plus est. Gardel a écrit pour Le Poulpe, et ça se sent. Du coup, l'intrigue passe au second plan, après les dialogues, mais peu importe la crédibilité des protagonistes, finalement, car ces (anti-) héros sont sympathiques, attachants, souvent drôles. Des paumés, des losers, des artistes, des petites frappes, des inadaptés, qui gravitent sur une orbite plus ou moins proche autour d’un groupe, Valaquenta, et d’une histoire de passage à tabac qui va virer au double meurtre. L’histoire débute à Paris pour se délocaliser ensuite en Picardie, dans les parages d’un festival de musique en plein air, les « Prés du Rock 2014 ». 

Le style de Gardel s’inspire des grands dialoguistes à la Audiard, c’est évident comme le nez au milieu de la figure. L’Alsacien utilise un niveau de langage aussi bien familier que soutenu et manie la métaphore comme il se servirait d'un fusil automatique, par rafales. Il ne lésine pas non plus sur les jeux de mots, certains soigneusement expliqués, d’autres laissés à la seule perspicacité du lecteur, comme ce mémorable « à cette-heure-là, Roger dîne ». Ses références au prog s’insinuent partout, y compris dans les noms des personnages (Anthony Hogweed, Robert Rhodes, Laurence Sandrose…) et il pousse le souci du détail jusqu’à créer de toutes pièces les pochettes de disques et la setlist de Valaquenta. Une biographie du groupe est d’ailleurs disponible sur son site personnel. Gardel place aussi des allusions à ses précédents romans où l’on retrouve certains des protagonistes. Etant donné l’arrière-plan musical assez particulier, quelques passages risquent de paraître ésotériques pour le non-initié, mais l’absence de temps morts et la fluidité du style de l’auteur compensent les références sibyllines qui parsèment les pages. 

Musical Box se lit vite et ne prétend pas être autre chose qu’un agréable divertissement. Mission qu’il remplit à merveille, qu’on fasse ou non partie de « ceux qui savent ». Si votre famille et vos amis désespèrent depuis longtemps de pouvoir faire plaisir au grand incompris que vous êtes, ce sympathique petit bouquin fera une pertinente suggestion de cadeau de Noël. 

Le lien d'origine : http://www.chromatique.net/chroniques/item/15086-musical-box

 

Chronique Neoprog

 

Et si nous chroniquions un livre ? Pfff… savent plus quoi inventer à Neoprog pour booster l’audimat. Attendez, partez pas, un livre dans lequel on parlerait de musique à toutes les pages, un bouquin truffé de références au rock progressif. C’est bon, nous pouvons continuer ?

Son auteur, Nick Gardel, est un voisin, puisqu’il vit dans la belle ville de Colmar en Alsace. Il traîne également souvent dans le groupe Facebook de Neoprog pour nous vendre son livre mais également pour parler progressif, sujet sur lequel il connaît un bon rayon. 

Son dernier roman, Musical Box, est un polar qui prend place dans le monde du rock et qui met en scène le groupe Valaquenta et inévitablement quelques évènements violents. Il s’agit, entendons-nous bien, d’un roman rapide à lire, à l’intrigue assez légère, très loin des sombres polars norvégiens et suédois de six cents pages dont je me repais assidûment. Musical Box se dévore en deux heures à peine. C’est un prétexte pour brosser quelques portraits hauts en couleurs, du clodo espagnol en passant par le libraire gérontophile à la veuve mostrophiliste. L’occasion également de citer des paroles de chansons célèbres du répertoire progressif, une à chaque début de chapitre, de lancer quelques clins d'œil aux anoracks comme les nommait Marillion, ou de décrire l’ambiance d’un festival de rock open-air. Le monde de la musique, du groupie au producteur, n’en sort pas totalement indemne, si vous le connaissez un peu, vous vous offrirez de belles tranches de rigolade. Le style de Nick est efficace et incisif, accessible à tous, pas un bouquin pour intellos quoi.

C’est vite lu, amusant, si vous aimez le prog et les polars faciles, Musical Box pourrait bien vous plaire, une idée cadeau originale à offrir à un progueux qui sait lire, pourquoi pas. 

Rédigé par Neoprog le 13/12/2014, lien d'origine http://neoprog.eu/critique/nick_gardel/musical_box

 

L'Alsace 21/11/2014

 

Article alsace 21 11 14

 

 

Chronique Amarok Mag

 

SMusical Box était un instrument, il serait mécanique et produirait des sons cristallins doux aux oreilles enfantines. Si Musical Box, était un morceau de musique, il serait le titre emblématique d’un album mythique, composé par un groupe légendaire de rock progressif, une sorte de petite comptine racontant une histoire bien cruelle « à l’anglaise ».
Mais si c’était un livre… Musical Box serait un roman policier. Dans ce roman, il y aurait nécessairement un crime, qui se produirait inéluctablement dans une nurserie. Celui qui mènerait l’enquête ne pourrait être qu’un fan de rock progressif, et se prénommer Peter…
Toute ressemblance avec des musiciens ou des groupes de rock progressif existant, ou ayant existé, serait absolument intentionnelle…
Voyez, voyez, Musical Box n’est pas un roman policier ordinaire…
Avec son style direct, son humour décalé, imagé, au fort potentiel cinégénique, Nick Gardel nous entraine illico dans les coulisses glauques d’un groupe de rock en tournée sur lequel le sort semble s’acharner : un guitariste amoché à coup de batte de baseball, un chanteur en overdose, et ce n’est pas fini.
Avec sa galerie de personnages tous plus hauts en couleur les uns que les autres, son histoire rocambolesque, véritable jeu de piste labyrinthique, ce roman à clés ravira à coup sûr les fans de rock progressif, par ses clins d’œil parsemés à tous les coins de page.
Mais faites bien attention quand même… un fan de rock progressif peut en cacher un autre…

 

Chronique complète : http://www.amarok-mag.com/nick-gardel-musical-box/

 

Chronique Clair et Obscur

 

Nick Gardel - Musical Box (Friends Only 2014)
"Musical Box" est un polar où l'intrigue est rythmée au son du rock progressif, que ce soit dans les extraits de chanson introduisant chaque chapitre ou dans les noms de groupe et les multiples clins d’œil émaillant l'ouvrage. Dans ce nouveau roman détonant du prolifique Nick Gardel, le lecteur va se retrouver devant une galerie de portraits plus truculents les uns que les autres. Les personnages peuvent y être attachants, tels Peter le tourmenté, Estebàn le SDF serviable qui donne du fil à retordre aux non-hispanophones, Aykut le hacker en émoi devant les raretés "prog" qu'il aime à partager avec Peter, ou encore les jumeaux commissaires qui ne sont pas sans rappeler les Dupond & Dupont d'Hergé, sans oublier aussi la pétillante maîtresse d'hôtel Morgane et le batteur Marco à la gouaille héritée de Jean Gabin. A l'inverse, certaines figures peuvent paraître plus antipathiques, comme la secrétaire froide, le nazillon impitoyable, mais également le producteur sans scrupules ou encore le dealer belliqueux. Avec le titre qu'il porte, on se doute que l’ouvrage va être truffé de références à Genesis. Et en effet, avec le "tonneau" Harold , le chat Harlequin, la clinique des Sept Pierres, la fontaine de Salmacis, le claviériste "géant" Hogweed, le gîte "Aux amis absents", le crime de la nurserie, et la chanson "Musical Box" joué dans le Blaupunkt d'harold, c'est tout l'album “Nursery Cryme” de Genesis qui est passé au crible au long des 280 pages du livre. Voilà une galette qui a sacrément du marquer son auteur pour lui inspirer un récit complet !
Par ailleurs, Nick s'est également appuyé sur des éléments d'autres opus du groupe afin d’alimenter sa trame. A Mortemer dans l'Oise, c'est "Trespass" qui vient à l'esprit quand est évoqué le cimetière jouxtant l'hôtel. Plus loin, quand Peter s'affaire avec Morgane pour préparer le dîner, et qu'ensuite tous deux admirent le patchwork d'heures différentes, c'est "Foxtrot" qui nous est narré. Impossible également de ne pas avoir en tête "The Lamb Lies Down On Broadway" à la lecture de "la chambre aux 432 montres" ou du chat "nageur sur carpette". Enfin, quand Estebàn, le locataire de la station de métro fantôme Haxo, se couche sur un banc, c'est la couverture de "Selling England By The Pound" qui nous saute aux yeux. L'obsession va jusqu'aux noms attribués aux personnages. En effet, Peter Raven est le fils de Gabriel Raven, tandis que le plus grand fan du groupe Valaquenta se nomme Philippe-Antoine. Et puisqu'on parle de Valaquenta justement, cette filiation Tolkienienne renvoie inévitablement à Marillion, et les noms des autres membres de ce groupe nous donnent raison. Citons ainsi William Derek, Steven et Michael Zeiger ("zeiger" en allemand se traduisant par "Pointeur", cela ne vous rappelle t-il rien ?).
Musical Box Visuel
Le logo, que l'on retrouve sur la couverture ainsi qu'à la fin de l'ouvrage, est d'ailleurs directement inspiré de celui du groupe d'Aylesbury. Le passionné de Genesis n'hésite pas à faire des jeux de mots à partir d'autres références majeures de la musique progressive. On ne sera pas surpris ainsi de lire "Leroy cramoisi", "l'oxygène et les champs magnétiques" (de la chambre d'hôpital) ou encore "le cimetière des Harlequins" (les aïeux du chat Harlequin). La secrétaire rousse de la clinique porte le nom de Sandrose, tandis que Morgane fume des Camel light. L'écriture mêle différents niveaux de langue avec beaucoup de rythme, amenant ainsi une dimension cinématique à l'intrigue. Le propos est rendu imagé par le biais d'analogies (l'enquête comparée à un combat de boxe, les échanges entre Peter et Estebàn avec Philippe-Antoine au milieu de cette "partie de tennis" verbale) et de métaphores ("la réalité est une virtuose du kick-boxing"). Parmi les autres figures de style, on notera les oxymores "la boucherie de Bisounours", "on ne fait rien en s'activant" ou encore ce dernier, plus sujet à discussion : "celui qui affirme comprendre les subdivisions du metal ne fait que confirmer qu'il n'a rien compris aux subdivisions du metal" (votre serviteur peut en effet aussi bien affirmer que confirmer comprendre ces dernières).
Toutes les pirouettes littéraires pré-mentionnées contribuent à rendre la lecture plus fluide. Par ailleurs, le jeu de piste avec les références musicales participe à rendre l'ouvrage assez captivant. Quand on a passé trois des titres de "Nursery Cryme", on a en effet hâte de débusquer les quatre restants. Outre une passion maladive pour Genesis, l'auteur ne cache pas son amour du rock progressif de manière générale. On appréciera ainsi le plaidoyer pour ce style dans le passage flattant la musique de Genesis, et on se prêtera au jeu des devinettes musicales dans la boutique d'Aykut. A ce propos, je me revois lire la chronique du dernier album de Nemrud rédigée par Martin Hutchinson pour le site Lady Obscure quand le commerçant turque mentionne cette formation. Néanmoins, Nick n'hésite pas à critiquer certains aspects de la musique qu'il porte au panthéon. En effet, les paroles d'Ange en prennent pour leur grade, tandis que les "progueux" sont considérés comme hermétiques à la pop, et décrits comme des collectionneurs d’albums qu’ils ne prennent même pas le temps d’écouter.
On notera aussi un parallèle entre les références au rock progressif et le monde souterrain (underground) d'Estebàn, qui expliquerait l'attachement de Peter le "progueux" pour Estebàn le paria. De même, cette manie de Peter de changer de "parisienne walkways" à chacune de ses promenades transpire cette volonté qu’a le rock progressif de sortir des sentiers battus. Comme Nick se sentirait à l'étroit dans les limites du rock prog, il fait intervenir des références à la chanson française (Georges Brassens, Gustave Courcier) et au reggae. On le sent moins à l'aise dans le metal, l'orthographe utilisée pour le genre thrash metal ("trash") dénotant une certaine méconnaissance de ce domaine. Il est amusant de noter à ce propos que le groupe dont il décrit le style comme hair-metal/glam metal (et je cite ; "rien de black, de death ou de trash") est justement "trash" dans le sens "outrancier" (à en juger par les commentaires sur les paroles et la prestation scénique).
Nick Gardel
D'autres références se tournent vers le septième art (l'un des deux "Dupond-t" passe d'un Dirty Harry gestuel à un Hercule Poirot verbal dans la tente où sont réunis les "suspects") ou à la littérature, quand pleuvent ici un hommage posthume à Gaston Leroux, là une critique féroce des consoeurs Danielle Steele et Mary Higgins Clark. L'humour est également présent ("Peter [Raven] avait déjà le sien [nom d'oiseau]", "le grand M orangé, celui qui ne vend pas de hamburgers") et pimente l'ouvrage. De plus, le ton cynique de l'auteur permet d'ouvrir des portes sur des questions intéressantes, comme le management des groupes de musique, le business de l'information, les héros éphémères du rail, la diversité dans l'unité, la vie réglée ("sans suspens la vie est trop morne").
Par ailleurs, outre quelques notes de misogynie ("c'est le français qui met du féminin partout... vous dîtes même une couille", "les femmes c'est que des emmerdes"), l'ouvrage se veut être une mise en garde contre le "fanboyism" extrême (ces "zombies volontaires", qui sont "encyclopédistes du minuscule", et vivent "par procuration") et ses dérives qui font perdre le sens du réel (le dénouement tragique).
Voici donc un auteur qui sait faire partager sa passion de l'écriture et du style de musique qui forge l'intrigue de son dernier livre. "Musical Box" est non seulement une chanson légendaire de la formation britannique Genesis, mais également un ouvrage qui se lit avec beaucoup de plaisir, donnant l'opportunité de réviser des classiques du rock progressif en sus de nous mettre en haleine dans une fiction aux personnages hauts en couleur.

 

Lien original : http://clairetobscur.fr/musical-box-ou-le-tout-nouveau-polar-progressif-de-nick-gardel/

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